25 novembre 2010
«Les demandes d'information peuvent émaner de médecins, d'avocats qui s'intéressent à ce qui se passe en aval de la peine prononcée à l'encontre de leur client auteur de violences sexuelles, notamment en matière de prise en charge thérapeutique, mais aussi de conseillers d'insertion, d'associations, de professionnels comme les magistrats, procureur ou juge de l'application des peines. Lepublic amené à nous contacter est très varié», soulignent les docteurs Michel Schmouchkovitch et Sylvie LeLann, psychiatres, et Fleur Infante, psychologue criminologue du Cravs. Le Centre de ressources pour l'aide à la prise en charge des auteurs de violences sexuelles (Cravs) est l'un des dispositifs issu de la loi du 17juin 1998 sur la prévention et la répression des infractions sexuelles qui a instauré l'injonction de soins et le médecin coordonnateur.
Un lieu de formation
«On fait profiter les professionnels de nos expériences multiples, que ce soit en tant qu'expert, en tant que médecin coordonnateur ou en tant que thérapeute». Ces centres se sont ouverts progressivement dans toute la France à partir de la circulaire d'avril2006. «Un Cravs est une interface entre la justice et la santé, ce n'est pas un lieu de soin, mais un lieu de formation. Nous conseillons les professionnels sur les cas difficiles. Cela peut être un médecin qui ne se sent pas capable de prendre en charge un patient qui est dans le déni. L'injonction de soins peut se dérouler aussi bien chez un médecin généraliste que chez un psychiatreou un psychologue ». Le centre offre soutien et recours aux professionnels de la santé et de la justice qui ont affaire à des auteurs et propose aussi une banque de données. Des études peuvent être réalisées dans le cadre d'un réseau régional. Le Cravs de Brest travaille avec l'antenne de Rennes.
«Les auteurs peuvent être pris en charge»
Les auteurs de violences sexuelles sont principalement des hommes, mais parfois aussi des femmes, dans des familles incestueuses, la plupart étant elles-mêmes d'anciennes victimes. Tous les auteurs peuvent être pris en charge au centre Balier du CHRU de Brest qui assure le volet soins du dispositif. «Cette loi de 1998 a un grand intérêt, elle touche des personnes qui ne viendraient pas demander des soins sans cette injonction. Il y a quelque chose qui se passe à partir du moment où ils comprennent qu'on n'est pas là pour les juger, ils ont déjà été jugés. Ils viennent chez nous en tant que patients». Le Cravs assure aussi des actions de prévention et d'information en direction du grand public. Cesera le cas ce soir, au Relecq-Kerhuon, lors de la conférence-débat sur les violences faites aux femmes, à 20h, à l'Astrolabe, dans le cadre de la journée internationale. Contact Cravs, hôpital de Bohars tél.02.98.01.50.27.
16 mai 2012 à 14h44
16 mai 2012 à 11h33
16 mai 2012 à 10h42