Ouessant. Une Maison du livre insulaire
L'association Cali, organisatricedu Salon international du livre insulaire d'Ouessant, dispose désormais d'une maison dans le bourg de Lampaul, que les bénévoles ont commencéà restaurer.
Il reste encore beaucoup à faire pour que la «villa Jeanne-d'Arc» ressemble à quelque chose, mais 25 bénévoles de l'association Cali, dont un noyau dur de cinq solides bricoleurs, ont retroussé leurs manches pour commencer à rénover le bâtiment. Cette «villa», qui doit son nom à la statue qui orne la façade ouest, donnant sur le jardin et le port de Lampaul, est mise gracieusement à la disposition de Cali par la mairie. Les locaux, inoccupés depuis quatre ans, ont été utilisés par le médecin de l'île, loués à des enseignants... Seul le rez-de-chaussée du bâtiment est, pour l'instant, mis à la disposition de l'association. Lesbénévoles ont tout nettoyé, décapé et repeint murs et plafond, refait les sols et remplacé les planchers. Des fenêtres et portes doivent être changées par lamairie.
Une bibliothèque de 1.500livres
Cette Maison du livre insulaire, nom provisoire de l'ancienne villa Jeanne-d'Arc, accueille les livres accumulés par l'association depuis sa création, soit environ 1.500ouvrages, qui étaient jusqu'à présent rangés dans la salle de veille du sémaphore. «Cali dispose d'un fonds spécialisé dans le livre insulaire, composé notamment de tous les lauréats du salon et des écrivains enrésidence, explique Isabelle LeBal, présidente d'honneur. Ona aussi commencé, avec nos petits moyens, une politique d'acquisition, toujours sur la thématique du livre insulaire». Les organisateurs du salon du livre et des résidences d'écrivains ne veulent, en effet, pas faire de concurrence à la bibliothèque municipale. La majeure partie des livres pourra être empruntée par les adhérents mais plusieurs oeuvres rares seront uniquement consultables sur place. Bonne nouvelle, pour les organisateurs du salon ouessantin et des résidences d'écrivains au sémaphore: Cali devient «référent» du portail thématique breton pour la littérature insulaire et ses résidences d'écrivains sont les seules en Bretagne à obtenir une bourse du Centre national du livre. Pour Isabelle Le Bal, «cela veut dire que notre travail bibliographique sur la littérature insulaire et que nos longues résidences d'écrivains, que l'on accompagne sur quatre mois, sont reconnus». Une reconnaissance qui va droit au coeur de la vingtaine de membres de l'association présente, mercredi, pour l'ouverture de la Maison du livre insulaire et pour l'assemblée générale (Cali est soutenue par 136 adhérents). Ils ont aussi approuvé le bilan du dernier salon et les projets lancés pour 2012, dont la création d'un comité éditorial et scientifique. Contacts Cali, village de Toulalan BP 10, 29242 Ouessant. Tél.06.81.85.41.71. Courriel, salon@livre-insulaire.fr
Salon 2012 : cap sur les Caraïbes
Les organisateurs du Salon international du livre insulaire d'Ouessant sont globalement satisfaits de la dernière édition, qui a vu une augmentation du nombre d'auteurs présents, 76contre 65 l'année précédente, et du nombre d'éditeurs, 47contre 43 en 2010.
Éviter la concurrence
L'an prochain, le salon ouessantin va donc se dérouler un peu plus tôt que les années précédentes, du vendredi17 au mercredi 22août, afin d'éviter la concurrence du salon du film insulaire de Groix et celle du festival du film de Douarnenez. Pour son édition 2012, la quatorzième, Cali va inviter les amateurs de littérature à s'immerger dans celle des Caraïbes: Guadeloupe, Martinique, Cuba, Haïti, Saint-Domingue... Le salon d'Ouessant a souvent accueilli des écrivains de ces îles, mais ne les avait jamais invités en même temps.
Raphaël Confiant Maryse Condé...
Des écrivains comme Raphaël Confiant (Martinique), Maryse Condé (Guadeloupe) et les éditions Ibis Rouge (Antilles-Guyane) ont déjà confirmé leur participation. Le salon a décidé de soutenir fortement les éditeurs des Antilles francophones, qui souffrent plus qu'ailleurs de la fermeture de nombreuses librairies et des problèmes des coûts de diffusion. Les autres îles de l'Outre-mer seront bien présentes, comme chaque année, àOuessant.
Comité éditorial et scientifique
Les différents prix du livre insulaire remis par l'association sont déjà lancés, les livres commencent à arriver, et les membres de Cali planchent sur les nombreuses conférences, ateliers d'écriture, lectures, animations musicales, chorégraphiques ou théâtrales, défilé d'inauguration,etc. Nouveauté de l'année à venir, la création d'un comité éditorial et scientifique chargé de garantir la stratégie et le sérieux des actions engagées sur le long terme. Cette nouvelle entité, qui se réunira une fois par an à l'occasion du salon et communiquera le reste de l'année par Internet, devrait être dirigée par Isabelle Le Bal et composée d'habitués du salon du livre comme Éric Auphan, agrégé d'histoire, Didier Galibert, docteur en ethnologie, Gilbert David, géographe, Vincent Guigueno, docteur en histoire, et d'écrivains qui ont été accueillis en résidence.
Résidences d'écrivains : «Un travail de longue haleine»
La résidence d'écrivains dans l'ancien sémaphore d'Ouessant, seule résidence sur une île de Bretagne et seule résidence du département, est donc aussi la seule de la région à bénéficier de bourses du Centre national du livre. Après Alexis Gloaguen et Johary Ravaloson, qui ont séjourné sur l'île cette année, Cali va accueillir pour quatre mois, jusqu'en avril2012, l'écrivain Sylvain Rivière, originaire des îles de la Madeleine. La juxtaposition des résidences d'écrivains de Cali et des résidences de courte durée gérées par le conseil général ne va pas toujours de soi et n'est pas toujours comprise par les Ouessantins et les visiteurs de passage. Leconseil général accorde en effet ses résidences aux associations du Finistère, qui peuvent donc inviter elles aussi, à côté des artistes et photographes, des auteurs et des poètes. «Cela pose un véritable problème d'identité, constate Isabelle Le Bal. Car il y a un fossé important avec l'action à long terme que l'on mène en accompagnant les écrivains, à la fois pendant leurs longs séjours sur l'île, où ilsrencontrent la population et interviennent dans les écoles, et après leur résidence. On continue à les suivre, à les mettre au besoin en contact avec des éditeurs, à les publier dans la revue littéraire L'Archipel des lettres, àles inviter au salon. C'est un travail de longue haleine». Alexis Gloaguen, présent à Ouessant cette semaine pour participer à l'assemblée générale et lancer le comité éditorial et scientifique, a proposé des lectures de ses textes.
Dans la même rubrique