9 septembre 2012
La situation se complique sur lefront des demandeurs d'asile. Le collectif CASSS-PaPIERS a pris la main, hier, mais une famille kosovare n'a pas voulu suivre le mouvement. Résultat: deux lieux occupés, le Centre départemental d'action sociale (CDAS) et l'école Levot à nouveau. Tandis que l'on apprenait, hier soir, l'arrivée d'une seconde famille tchétchène dans le couloir de Coallia (ex-Aftam) avec quatre enfants, dont un bébé d'une semaine.
Trois expulsions depuis le 10août
Treize demandeurs d'asile sont arrivés vendredi dans le hall du Centre départemental d'action sociale du conseil général, rue Sébastopol. Trois couples et deux frères d'origine albanaise ainsi qu'une famille kosovare avec quatre enfants âgés de 12 à 17 ans, dont la maman malade est toujours hospitalisée, ont ainsi passé la nuit installés sur des matelas. Le parcours de ce groupe de sans-papiers a débuté le 10août par l'occupation du hall de mairie. Ilsétaient alors 32 demandeurs d'asile pour lesquels Coallia (ex-Aftam), service de coordination et d'hébergement, ne disposait pas de solution d'accueil. Durant cette occupation, plusieurs familles avec enfants ont quitté le groupe, des hébergements provisoires ayant été trouvés. Le jeudi 23août, les autres sans-papiers toujours sans logement ont été expulsés de la mairie puis ont trouvé refuge à l'école maternelle Levot, avant une autre expulsion le jeudi 30août. Untroisième lieu a été investi par le groupe: une maison de BMH désaffectée, dans le quartier du Guelmeur. Vendredi, la troisième expulsion les a donc conduits à occuper le CDAS, toujours avec l'aide du petit groupe informel de Brestois qui les soutient depuis le 10août. Mais le rebondissement de ce week-end est l'arrivée auprès des demandeurs d'asile de militants du collectif CASSS-PaPIERS.
Retour à l'école Levot
«Nous avons été appelés par les demandeurs d'asile qui souhaitaient qu'on les aide. On n'a pas été forcément d'accord avec tout ce qui s'est passé ces derniers temps, mais nous ne voulons pas polémiquer. Au début du mouvement, il nous a semblé que les demandeurs d'asile avaient suffisamment de ressources pour faire avancer leur cause. Mais, aujourd'hui, ils nous appellent à l'aide, on respecte le choix des familles. Demain, on va discuter avec elles et les différents militants qui sont là , pour que toutes les forces s'allient en faveur de la même cause: trouver une solution d'hébergement», déclaraient, hier matin, des responsables du collectif CASSS-PaPIERS. Le seul membre du petit groupe investi auprès des demandeurs d'asile depuis le 10août, présent sur place hier matin, s'apprêtait à quitter les lieux après avoir récupéré des affaires personnelles. «Alors que j'allais partir, lepère de famille kosovare estvenu vers moi pour me dire qu'il ne voulait pas rester avec les Albanais et les CASSS-PaPIERS. On a donc décidé de les ramener à l'école Levot», dit cebénévole qui fit partie, un temps, desCASSS-PaPIERS lors de l'occupation du gymnase de L'Harteloire. L'occupation du centre devait sepoursuivre tout le week-end. Les services du conseil général n'ont pu être joints hier.