17 juin 2010
Les plus ardents défenseurs de la chasse en mer vous diront que la pratique n'est pas plus périlleuse qu'une autre activité extérieure et nautique. À condition de ne pas présumer de ses forces et de pas s'approcher dangereusement de ses limites. Les statistiques sur le sujet sont difficiles à réunir, puisque les accidents mortels sont comptabilisés alternativement par les Cross ou les municipalités oùsont retrouvés les corps (bande des 300mètres). Accidents d'apnée en mer et en plongée-bouteille mêlés, on dénombrerait chaque année en France entre 40 et 60morts, soit deux tiers de chasseurs sous-marins, la plupart en Méditerranée qui concentre le plus grand nombre de pratiquants. La raréfaction du poisson et son retrait en profondeur pourraient expliquer une certaine recrudescence de ces accidents en Méditerranée. Une plus grande clarté de l'eau inciterait également les pratiquants à descendre plus que de raison...
Le paradoxe de l'expérience
Paradoxalement, il semblerait qu'une majorité de victimes soient plutôt des pratiquants expérimentés, davantage enclins às'approcher de leurs limites. Aucontraire, le pratiquant plus modeste, celui qui officierait dans moins de profondeur, parfois même sans jamais réaliser une véritable apnée au cours de sa séance, s'exposerait plus rarement au phénomène de perte de connaissance (syncope) à l'origine de la grande majorité des noyades. L'épuisement dû aux courants et à de mauvaises conditions météo peut également être la cause de ces accidents fatals. Des apnéistes confirmés comme François Talarmin, président fondateur du club brestois «L'Agachon tranquille», recommandent de plonger à deux, particulièrement en cas de découverte d'un spot et au cours de longues apnées.
En forme, tranquille
«L'état de forme physique et mentale joue un rôle considérable», observe de son côté Francis LeGall, responsable de la section apnée au Groupement Manche-Atlantique de plongée. «Ses capacités physiques peuvent varier du simple au double d'un jour à l'autre, avec des limites variables. À chacun d'être attentif sur ses capacités et de s'astreindre à une certaine hygiène de vie, au moins la veille des sorties». «On n'obtient pas tout, tout de suite. C'est un sport qui demande de l'expérience, de la patience et une certaine hygiène de vie.Combien d'accidents après avoir fait la fête la veille?», regrette François Talarmin. «Ilest également important d'éviter les ceintures de plomb trop lourdes, qui s'avèrent très pratiques pour descendre rapidement mais qui peuvent se payer cash». Idem pour les palmes trop longues et trop consommatrices en réserves et en oxygène. «La règle de base est de nejamais pousser ses apnées enmer», appuie Francis LeGall, habitué aux entraînements et compétitions en piscine des plus encadrés. Après 30 ans de chasse sous-marine, François Talarmin continue de prodiguer ses bons conseils, lui qui garde à l'esprit la quarantaine de connaissances et de bons copains disparus en mer.
16 mai 2012 à 14h44
16 mai 2012 à 11h33
16 mai 2012 à 10h42